

Docteur Honoris Causa


Le 19 novembre 2025, à l’hôtel Azalaï de Dakar, j’ai eu l’immense honneur, en même temps que d’autres personnalités du continent africain, de recevoir mes insignes pour la prestigieuse distinction de Docteur Honoris Causa. C’était à l’initiative de l’IARPA (Institut Africain de Recherche Pluridisciplinaire Appliquée d’Abidjan) et du CVPT (Centre de Valorisation Professionnelle de Tunis), et en collaboration avec plusieurs universités partenaires en Europe et aux Etats-Unis, ainsi que des organisations internationales.
Précision importante
D’emblée, il convient de préciser que le Doctorat Honoris Causa (DHC) n’a rien à voir avec le Doctorat Académique. En effet, à la différence du Doctorat Académique et du PhD, le Doctorat Honoris Causa constitue, dans son essence, un titre (ou une distinction), et non un diplôme.
Un diplôme valide un parcours académique, et prépare ainsi son titulaire à une carrière dans l’enseignement ou la recherche (dans le cas d’un doctorat) ; un titre atteste d’une compétence, ou est décerné au vu des réalisations du bénéficiaire. Par exemple, un Prix Nobel, un Ballon d’Or (football) ou un Oscar (cinéma) constituent des titres, et non des diplômes.
En résumé, le titre de Doctorat Honoris Causa est « une distinction académique honorifique et de grade supérieur décernée par une université, ou une autre institution d'enseignement supérieur, à des personnes dont le mérite exceptionnel justifie un témoignage public d’appréciation et d’estime ». "Honoris Causa" signifie "pour des raisons d'honneur" en latin.
Les récipiendaires
Le titre de Docteur Honoris Causa est donc attribué à des individus en reconnaissance de leurs contributions exceptionnelles dans un domaine spécifique, que ce soit la science, la culture, la politique, les arts, l’économie, l’humanitaire, ou d'autres secteurs ; ainsi que leur impact sur la communauté.
C’est la raison pour laquelle, parmi les récipiendaires du DHC lors de la cérémonie de Dakar, laquelle mettait à l’honneur 28 nations africaines, se trouvaient des autorités gouvernementales et des acteurs politiques, des professeurs agrégés et des recteurs d’université, des chefs d’entreprise et des experts-métiers, des artistes et des acteurs de la société civile ; et même des cas particuliers comme ce colonel à la retraite qui s’est investi dans la transformation agricole et a changé la vie de milliers de personnes, ou encore cet ancien footballeur ivoirien qui s’est engagé dans les actions en faveur de la paix et est désormais membre du Conseil Economique et Culturel de son pays, ou même ce patriarche qui a donné une forte dimension sociétale à ses activités au point d’allier tradition et modernisme, sans oublier cette récipiendaire congolaise dont les 20 ans d’initiatives en faveur de l’autonomisation et de l’entrepreneuriat des femmes ont été récompensées.
Les critères d’attribution
Bien qu’il existe des cas particuliers, les critères traditionnellement appliqués par le Comité Scientifique d’une institution universitaire pour attribuer le titre de Docteur Honoris Causa à un candidat sont les suivants :
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Avoir eu un parcours remarquable, avec des contributions concrètes et significatives dans son domaine, et idéalement avec une portée internationale.
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Avoir obtenu la reconnaissance par les pairs (d'autres experts ou institutions dans le domaine) ; ce qui témoigne de l'influence et du respect dont jouit le candidat.
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Avoir eu un impact sociétal ou avoir laissé un héritage ; que ce soit par des innovations, des recherches, des initiatives de développement, des actions philanthropiques ou humanitaires, du mentoring ou du coaching.
Pourquoi moi?
En ce qui me concerne, le Doctorat Honoris Causa récompense probablement un parcours marqué par une certaine vision et une conviction forte : « La donnée peut devenir un formidable levier de performance pour les organisations africaines ». En créant (il y a une vingtaine d’années) et en animant le concept révolutionnaire de Business Intelligence Pentagon™, j’ai réussi à donner un sens nouveau à la Business Intelligence ; à la sortir d’un simple rôle technique pour en faire un levier stratégique et opérationnel de la performance des entreprises ; d’où le slogan : « Au cœur de l’entreprise, l’intelligence de la donnée ».
Chez MTN, j’ai créé une sorte « d’empire de la donnée » en instaurant des procédures innovantes et des pratiques devenues des standards, en renforçant les équipes par le recrutement de plus de soixante-dix spécialistes et en encadrant ces talents, en permettant à la Business Intelligence d’influencer la Direction Générale, le Marketing, la Distribution, le Réseau ou encore l’Expérience client. Tout cela a inspiré l’émergence d’une véritable culture analytique qui a eu un impact concret dans 21 filiales, et contribué au leadership incontesté du Groupe MTN en Afrique et au Moyen-Orient.
Cette dynamique a par la suite dépassé MTN et les télécoms pour toucher d’autres secteurs ; les banques avant-gardistes adoptent progressivement l’analytics mindset pour réussir leur virage digital ; les modèles d’intelligence artificielle en entreprise (IA Analytiques et IA Génératives) s’alimentent des données disponibles, etc.
A la suite des différentes distinctions professionnelles que j’ai glanées au cours des 15 dernières années (et provenant de mes pairs ainsi que de ma hiérarchie), ou encore des nombreux ouvrages que j’ai publiés sur différents sujets (BI, Data Science, Intelligence Artificielle) afin de les vulgariser, il me semble que ce qui est reconnu aujourd’hui à travers le Doctorat Honoris Causa, c’est ma capacité à fédérer, à transmettre et à laisser un héritage que d’autres continuent de faire vivre.
Voir critères d’attribution en ce qui concerne dans l’une des images ci-dessous.








