


L'Intelligence Artificielle va-t-elle vraiment prendre le contrôle et détruire l'humanité?
Jean-Jacques ESSOME BELL - Août 2026

Suite à la prolifération depuis quelques mois de discours alarmistes de certains experts ou de patrons des géants de l’Internet, et notamment les derniers propos de Sam Altman (CEO d’Open AI et à l’origine de ChatGPT), lequel prétend que l’IA est entrée dans la « singularité » et a franchi le point de non-retour à partir duquel elle dépasse l’intelligence humaine et devient difficile à contrôler, certains de mes proches ont été pris de panique et m’ont interpellé pour avoir mon avis.
Je tiens cependant à les (à vous) rassurer : on est encore très loin des scénarii à la Terminator ! En réalité, ce discours de « fin du monde » est surtout une brillante stratégie de manipulation de ces patrons.
Voici trois des différentes raisons pour lesquelles ils nous font peur.
1. Tuer la concurrence avant qu'elle ne grandisse.
En faisant croire que l'IA est ultra-dangereuse, les géants du net poussent les gouvernements à créer des lois très dures et très chères. Le résultat ? Eux seuls ont les milliards nécessaires pour payer et se mettre en règle. Ça empêche les petites startups ou les solutions locales africaines d'émerger. Ce n’est donc, ni plus ni moins, qu’un verrouillage du marché ! Et je ne fais même pas allusion à la concurrence chinoise.
2. Le meilleur coup de pub du monde.
Dire : "Attention, on a créé une technologie tellement puissante qu'elle pourrait détruire la planète", c'est finalement la meilleure publicité possible ! Ça donne l'impression qu'ils sont des magiciens surpuissants ; ce qui crée une fascination médiatique immédiate, et attire immédiatement les milliards des investisseurs. Dans le jargon, nous parlons souvent de « criti-hype » pour décrire ce phénomène.
3. Un écran de fumée pour cacher les vrais problèmes.
Pendant qu'on débat sur des scénarios de science-fiction, on oublie de demander à ces patrons des comptes sur les dégâts bien réels qui se passent aujourd'hui. Car les vrais dangers de l'IA actuellement, ce n'est pas une machine qui se rebelle, ce sont les deepfakes ! Ces fausses vidéos et voix générées par l'IA sont un fléau massif pour la désinformation, les arnaques et la manipulation de l'opinion publique. La coupe du monde de la FIFA qui vient de s’achever en a été un exemple poignant, avec comme effet collatéral, une explosion des discours haineux sur lesquels ces géants de l’internet « ferment en réalité les yeux ». Ajoutez à cela le vol de nos données et les biais qui créent des discriminations, et vous avez les vrais sujets de préoccupation.
En conclusion
Il faut savoir que l’IA actuelle n'a pas de conscience, et donc pas de volonté propre. Elle demeure une sorte de super-calculateur de statistiques ; un outil certes impressionnant pour améliorer notre productivité et transformer nos organisations, mais pas une créature magique.
Ne tombez donc pas dans le panneau de la peur ! Ce que vous devez faire, c’est mieux comprendre l’IA afin de l’utiliser efficacement, car son usage est appelé à s’imposer tant dans les milieux professionnels que dans le domaine scolaire. Cela est inévitable !
Lors de certains séminaires et conférences que j’anime sur l’IA, j’aime parfois rappeler aux participants que croire qu'une machine faite de code et de serveurs puisse un jour surpasser la profondeur et la complexité de l'esprit humain, c'est finalement prétendre que l'Homme aurait le pouvoir de créer une entité capable de défier Dieu. C'est bien évidemment impossible. Nous pouvons inventer des outils technologiques extraordinaires, mais la machine n'aura jamais cette étincelle de vie, cette âme et cette conscience qui nous définissent. La machine reste une création de l'Homme, et elle restera toujours à sa place : à notre service !
Malheureusement, l’IA pourra être utilisée pour le meilleur (soigner des maladies, améliorer notre productivité, etc) comme pour le pire (désinformation, guerres, etc). Ce n’est donc pas l’IA qui est dangereuse, mais plutôt l’usage que les hommes pourraient en faire.

